Accueil Comment tester les abeilles hygiéniques. SMR ou VSH Evaluation du SMR Comment établir un diagnostic correctement. Matériel nécessaire pour tester les colonies VSH. Questions et réponses concernant le VSH. Divers liens concernant la recherche du VSH. Annexes
         Réalisation :                  Bernard Leclercq - Mise à jour le 18/10//2015                      
Harris & Harbo spécialistes des abeilles SMR Adulte varroa se nourrissant de l'hémolymphe Scott BAUER (K8541-13) photo extraite de Agricultural Research, octobre 2005, p. 8-9
Comment expliquer ce comportement ?  Voir aussi sur Apiwiki
À la suite de ce test, Spivak a émis l'hypothèse que ces abeilles SMR étaient capables de détecter des nymphes infestées par des varroas femelles initiant leur oviposition (la ponte) et ensuite d'éliminer ces nymphes infestées, alors qu'elles n'éliminent pas les nymphes infestées par des varroas incapables de se reproduire (pas d'oviposition). Voici comment Spivak a vérifié son hypothèse. Elle s'est posé 3 questions:   Première question : est-ce que les abeilles SMR ou HYG enlèvent préférentiellement des nymphes infestées par des varroas en provenance de colonies SMR ou HYG ? À l'aide de sucre glace, elle décroche des varroas femelles sur des colonies SMR ou sur des colonies HYG : ce sont donc des varroas ori-SMR et des varroas ori-HYG (ori pour origine), et elle les récolte. Elle regreffe ensuite 40 varroas ori-SMR et 40 varroas ori-HYG dans du couvain d'une colonie SMR et d'une colonie HYG. On a donc quatre tests. Résultat : Spivak observe que les colonies SMR enlèvent 80 % des nymphes infestées avec des varroas ori-HYG et 84 % des nymphes infestées avec des varroas ori-SMR. Les colonies HYG ont enlevé 61 % des nymphes infestées avec des varroas ori-HYG et 65 % des nymphes infestées avec des varroas ori-SMR. CONCLUSION La colonie d'origine des varroas a peu d'importance, par contre Spivak a bien démontré que les abeilles adultes SMR enlèvent les nymphes infestées avec une plus grande efficacité que les abeilles adultes HYG ! Deuxième question : les abeilles SMR enlèvent-elles préférentiellement des nymphes infestées par des varroas donnant une progéniture (varroas reproductifs) par rapport aux varroas ne donnant pas de progéniture (varroas non reproductifs) ?   Pour répondre à cette question, Marla Spivak a observé les varroas sur les nymphes infestées « restantes» mais « après nettoyage» par les colonies SMR ou bien HYG. Ceci a été fait par observation sous binoculaire à un moment tel que la descendance varroa soit visible: on enlève la nymphe infestée et on fait le décompte des membres de la famille varroa présents dans la cellule (la mère fondatrice, le fils et les filles dont on constate les différents stades de développement). Spivak a ainsi pu enregistrer la fertilité (a) et le nombre de filles viables produites (b). Résultat : Pour les nymphes non nettoyées dans les colonies SMR, Spivak a observé 63 % de femelles varroa ayant pondu au moins un oeuf (a) et, parmi celles-là, seulement 4 % ayant généré au moins une fille viable (b). Pour les nymphes non nettoyées dans les colonies HYG, Spivak a observé 85 % de varroas ayant pondu au moins un oeuf (a) et 27 % de varroas ayant généré au moins une fille viable (b). Il ne faut pas oublier que les femelles viables copulent déjà avec leur frère dans la cellule avant que la nymphe n'éclose. CONCLUSION Spivak a démontré que les abeilles SMR enlevaient préférentiellement des nymphes infestées par des varroas initiant l'oviposition (la ponte) plutôt que des nymphes infestées par des varroas qui ne pondent pas. Troisième question : le succès reproductif des varroas est-il influencé par le fait de la seule présence des abeilles SMR ou HYG qui détectent et nettoient ou bien y a-t-il aussi un effet du couvain lui-même? Pour répondre à cette question, Spivak a procédé comme dans la seconde question en étudiant les familles de varroas dans du couvain d'origine SMR ou HYG, mis à part le fait que le couvain, dès operculation, a été laissé en incubateur et donc aucune action de nettoyage n'a été possible. De ce fait, la différence se situe exclusivement au niveau du couvain. Résultat : Pour les nymphes venant des colonies SMR, Spivak a observé 64 % de varroas ayant pondu au moins un oeuf (a) et seulement 6 % ayant généré au moins une femelle viable (b). Pour les nymphes venant des colonies HYG, Spivak a observé 77 % de varroas ayant pondu au moins un oeuf (a) et 11 % ayant au moins une femelle viable (b).   CONCLUSION Par cette expérience, Spivak a ainsi pu démontrer que le couvain SMR élevait significativement moins de varroas donnant au moins une femelle viable (6 %) par rapport au couvain HYG (11 %). Tous ces essais débouchent sur une nouvelle explication. Le comportement SMR qui avait été observé n'est donc qu'une conséquence d'un comportement hygiénique et, en fait, les abeilles SMR ont la capacité de détecter, à travers l'opercule, les nymphes infestées par des varroas « reproductifs» (et pas les autres) et ensuite d'éliminer ces nymphes (donc empêchant le cycle de reproduction du varroa). Ibrahim & Spivak ont proposé une nouvelle appellation: VSH (pour« Varroa Sensitive Hygienic ») pour remplacer le terme SMR. Cependant, pour éviter toute confusion, nous avons gardé le terme SM R dans le texte.
Jeffrey HARRIS (D214-1) (D214-2) photo extraite de Agricultural Research, octobre 2005, p. 8-9
Pour démontrer la sensibilité hygiénique à varroa par les abeilles SMR, un cadre de couvain très infesté a été découpé en 2 morceaux. Chaque moitié a été placée dans une cage avec 2.000 abeilles pendant 24 h. A gauche: les abeilles témoins ont enlevé seulement 12 nymphes et désoperculé 19 nymphes (33% des cellules non operculées étaient infestées par le varroa), alors que les abeilles SMR, à droite, ont enlevé 215 nymphes et désoperculé 178 autres nymphes (90% des cellules désoperculées étaient infestées par des varroas). Lorsque Harbo & Harris ont pris connaissance de la découverte d'Ibrahim & Spivak, ils ont effectué une nouvelle expérience pour vérifier de manière pratique ces nouvelles conclusions. Voici ce qu'ils ont fait Ils ont pris des cadres de couvain fermé et infesté de varroas au départ de colonies non-SMR (appelées« wild », sauvages) et les ont transférés (coupés en deux) dans des colonies SMR ou dans des colonies wild (colonies témoins). Après 7 à 9 jours, Harbo & Harris ont mesuré ce qui suit dans les colonies SMR et wild sur les cadres infestés introduits dans les colonies SMR ou wild : - le taux de cellules infestées par des varroas (a) - le taux de varroas donnant au moins une fille viable (varroas reproductifs) (b) - le taux de cellules infestées par des varroas n'ayant pondu aucun oeuf (varroas non reproductifs) (c) Résultat après 7- 9 jours : - (a) le taux de cellules infestées des cadres introduits était de 2 % dans les colonies SMR et 9 % dans les colonies wild ; - (b) le taux de varroas donnant au moins une fille viable dans les cadres introduits était de 20 % dans les colonies SMR et 71 % dans les colonies wild. - (c) le taux de cellules infestées par des varroas n'ayant pondu aucun oeuf dans les cadres introduits était de 1.2 % dans les colonies SMR et 1.3 % dans les colonies wild. CONCLUSION Cette expérience a permis de vérifier sur le terrain les dires de Spivak comme quoi les abeilles SMR éliminaient préférentiellement les nymphes infestées avec un varroa reproductif. Les taux identiques de cellules infestées en varroas non reproductifs des cadres introduits dans les colonies SMR ou wild ont permis de démontrer que les abeilles SMR ne touchent pas aux nymphes infestées seulement par un varroa non reproductif. Ceci suggère que les abeilles SMR « sentent - détectent au travers de l'opercule» le fait qu'un varroa a démarré sa ponte. Rédaction : Renaud LAVENDHOMME Traduction : Renaud LAVENDHOMME & Jean-Marie VAN DYCK Mise en page : Bernard LECLERCQ avec l’accord du rédacteur et des traducteurs.
Marla Spivak est bien connue depuis 1993 pour son travail de sélection d'abeilles hygiéniques (HYG) avec des tests de congélation de couvain à l'azote liquide (HYG est la dénomination pour hygiénique simple, c'est-à-dire des colonies qui enlèvent les nymphes malades ou mortes). Début des années 2000, Spivak reçoit des reines SMR de chez Harbo et décide de faire un test à l'azote pour vérifier le comportement d'hygiène de ces abeilles SMR - test illogique, pourrait-on dire, car un esprit cartésien n'en attendrait rien ... À sa grande surprise, elle a trouvé que ces abeilles SMR nettoyaient la zone congelée avec 98 % d'efficacité. C'était vraiment bizarre car Harbo n'avait JAMAIS sélectionné sur ce caractère, il avait seulement sélectionné sur des abeilles qui réduisent le taux de reproduction des varroas (pensait-il), mais sans jamais expliquer réellement le phénomène SMR.
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